Les réalisateurs Ounie Lecomte etYang Ik-june : « Créer, c’est toujours parler de l’enfance »

Les réalisateurs Ounie Lecomte etYang Ik-june : « Créer, c’est toujours parler de l’enfance »

Deux films tout à fait remarquables vont sortir dans les salles françaises au début de l’année 2010 : Une vie toute neuve, de Ounie Lecomte, et Breathless, de Yang Ik-june, premiers longs métrages de deux jeunes réalisateurs qui, outre le talent, ont en partage d’être tous deux nés en Corée, même si la première est à présent française. Si beaucoup de choses les séparent dans leurs parcours et leurs modes d’expression respectifs, tous deux ont en commun d’avoir puisé leur inspiration dans une enfance blessée.

Oumie Lecomte à Cannes avec ses jeunes actrices (mai 2009).

Ounie Lecomte : retour en Corée

-Culture Coréenne : Pouvez-vous nous faire un résumé de votre parcours personnel et professionnel ?

- Ounie Lecomte : Je suis née en Corée, à Séoul. J’ai été adoptée par une famille française alors que j’avais une dizaine d’années. Je suis arrivée en 1976 en France, où j’ai grandi et où je vis. J’ai parlé le coréen, mais c’est une langue que j’ai totalement perdue. Quant à mon parcours professionnel, j’ai commencé à m’intéresser au cinéma à l’âge de 19 ans, lorsque j’ai répondu à une annonce pour jouer dans un court métrage. J’ai démarré en jouant de petits rôles dans des films un peu amateurs. Parallèlement, j’ai fait des études de design, de stylisme de mode. Puis je suis devenue costumière de cinéma, un métier situé en quelque sorte à la confluence de ces deux activités.

-C. C. : Quand le projet de réaliser Une vie toute neuve vous est-il venu ?

- O. L. : En fait, l’envie de réaliser un long métrage m’est venue assez tard, en même temps que celle d’écrire un scénario. J’avais auparavant, en 2001, tourné et produit seule un court métrage, Quand le Nord est d’accord - qui n’avait rien à voir, je le précise, avec la Corée du Nord, mais traitait de l’avortement. Ensuite, j’ai entrepris d’écrire un scénario de long métrage qui parlait d’une petite fille confrontée à la disparition de son père, au cours d’une baignade en mer. L’histoire se déroulait en France. C’était un peu abstrait et j’ai été assez rapidement victime d’ un blocage. En relisant ce texte quelques années plus tard, je me suis rendu compte qu’il essayait d’exprimer quelque chose d’inconscient, en rapport avec ma propre histoire. Je me suis alors demandé s’il ne fallait pas la raconter plus directement, en partant de ce qui m’était réellement arrivé.

-C. C. : Pour les lecteurs qui n’auront pas encore vu le film, qui sort en France en janvier 2010 dans une cinquantaine de salles, pouvez-vous résumer brièvement le sujet de votre film, Une vie toute neuve ?

- O. L. : C’est l’histoire d’une petite coréenne de neuf ans. Au début, son père l’emmène dans un orphelinat. Elle va peu à peu réaliser qu’il l’a abandonnée et qu’elle ne le reverra plus. Le film décrit son cheminement psychologique dans cet orphelinat, où elle va d’abord résister à l’idée de l’abandon, pour être finalement obligée d’accepter cette fatalité et son adoption.

-C. C. : On peut dire que vous n’avez pas reculé devant la difficulté, en réalisant votre premier long métrage à l’étranger, en tournant dans une langue que vous ne maîtrisez pas, et qui plus est avec des enfants comme acteurs ! Comment les choses se sont-elles passées ?

- O. L. : C’est vrai que, vus de l’extérieur, les facteurs que vous citez semblent autant d’obstacles, mais aucun n’était insurmontable. Mon intention n’était pas de faire une oeuvre coréenne. Ce qui compte, c’est l’histoire, le sujet. Les acteurs parlent en coréen et l’histoire se passe en Corée, mais ça n’en fait pas un film coréen. Je ne crois pas trop à la nationalité en termes de création. Le langage du cinéma est universel et pour la réalisation même, il n’y a pas eu de problèmes de compréhension avec l’équipe coréenne. Quant aux questions de communication courante, il y avait tout simplement des interprètes. Les difficultés que vous avez citées, je les ai plutôt vécues comme des challenges stimulants.

-C. C. : Parlez-nous un peu de vos jeunes acteurs, qui sont merveilleux. Est-ce que ce sont des « professionnels » ? Comment les avez-vous recrutés ? Quelles sont les particularités d’un tournage avec des enfants ?

- O. L. : La plupart n’avaient jamais joué, notamment Kim Saeron, la petite fille qui tient le rôle principal, celui de Jinhee. Il existe en Corée un grand nombre d’agences pour les enfants qui veulent devenir acteurs. Il y avait donc plutôt du choix. Mais il est assez rapidement apparu que ces enfants qui suivaient des cours de comédie reproduisaient des stéréotypes, ce qui fait que le casting a duré très longtemps. Ce que j’ai trouvé formidable, ça a été de travailler avec des gosses qui n’avaient aucune expérience, qui étaient très spontanés dans leur jeu. La petite Kim Saeron, on l’a trouvée deux semaines seulement avant le début du tournage. J’avais envie de faire confiance à la part plus ou moins inconsciente de ce qui allait se passer en elle, de bénéficier de sa fraîcheur. Il y a bien sûr eu un travail de peaufinage à partir de ce que livraient spontanément ces enfants, mais pas d’étude psychologique préalable des personnages comme on peut le faire avec des acteurs adultes. Je n’ai pas procédé avec eux à une approche cérébrale du jeu, car les enfants ne l’intellectualisent pas.

-C. C. : Lee Chang-dong, le célèbre réalisateur coréen, a été étroitement associé à cette entreprise originale. Comment avez-vous fait sa connaissance et quel a été son rôle ?

- O. L. : Il a été le producteur coréen de ce film. J’ai fait sa connaissance quand il est venu présenter à Paris son film Secret sunshine, à l’automne 2007. A l’époque, j’avais la première version du scénario d’ Une vie toute neuve. Je n’avais pas encore eu de retour de lecture par un Coréen et j’en avais besoin. J’ai pu rencontrer Lee Chang-dong et lui exposer mon projet. Il est retourné en Corée ; je lui ai envoyé mon texte, qu’il a lu. A partir de là, nous avons eu une correspondance par mails dans laquelle il a commenté ce scénario, qu’il ne trouvait pas totalement abouti. Notre collaboration a donc commencé de façon assez naturelle par des échanges de points de vue. Nous avons retravaillé le scénario ensemble et de manière tout aussi naturelle, il est devenu le producteur coréen du film.

-C. C. : Avez-vous rencontré des difficultés de financement et de distribution, comme c’est généralement le cas pour un premier long métrage ?

- O. L. : Le film entre dans le cadre de l’accord de coproduction franco-coréen signé il y a quelques années. Sans entrer dans les détails techniques, cela veut dire qu’il a les deux nationalités, ce qui donne des avantages au niveau de la distribution. Mais, le fait qu’il ait été tourné presque à 100 % en langue coréenne excluait toute possibilité d’obtenir une subvention d’Etat, qui n’est accordée qu’aux oeuvres réalisées au moins à 50 % en langue française. Je n’ai pas davantage reçu une aide financière en Corée, où la production repose beaucoup plus sur la notion d’investissement à rentabiliser, le label « film d’auteur » n’annonçant pas for- cément un succès commercial. Les premiers financements sont venus du distributeur français et de Canal +. Mais au bout du compte, j’ai connu un parcours assez typique pour un tout premier film.

-C. C. : Une vie toute neuve -dont le titre coréen est Yeohaengja, « Une voyageuse »- est sorti en Corée fin octobre 2009. Quel accueil la critique et le public lui ont-ils réservé ?

- O. L. : Le film a eu une excellente presse, de très bonnes critiques... mais il paraît que personne ne les lit ! Quant à la sortie en salles, elle a été un peu confidentielle. Ce qui marche là-bas, c’est surtout le cinéma commercial pour grand public, les films d’action et les grandes comédies. Il faut dire que les spectateurs coréens sont très jeunes, entre 16 et 25 ans en majorité. De ce que j’ai pu voir, il n’y a pas la même cinéphilie, la même diversité de cultures cinématographiques qu’en Europe. Il est donc difficile de remplir les salles avec un sujet un peu sensible et surtout, sans acteurs connus.

- C. C. : Votre film a été présenté dans différents festivals internationaux où il s’est vu attribuer un certain nombre de distinctions...

- O. L. : Il a d’abord été projeté à Cannes, en sélection officielle mais hors compétition. L’accueil a été excellent. C’était évidemment très important, car cette manifestation bénéficie d’une couverture médiatique considérable. Le film a par ailleurs obtenu le prix du festival de films pour la jeunesse d’Amsterdam et le prix du meilleur film asiatique du festival de Tokyo.

-C. C. : Ce tournage, dont vous avez précédemment minimisé les difficultés, apparaît néanmoins comme un défi que vous avez relevé grâce à un désir profond. Quelle impression globale en retirez-vous ? Quel bilan tireriez-vous, au point de vue personnel, de cet épisode ?

- O. L. : Pour moi, ce tournage a été une aventure vraiment extraordinaire. Il a été l’occasion d’une expérience humaine très forte, parce que c’était un retour en Corée, un moyen de recréer par le cinéma un lien avec mon pays d’origine. Pouvoir dépasser la barrière de la langue pour le faire a été extrêmement enrichissant. Et rencontrer à présent dans des festivals des gens d’autres pays, d’autres cultures qui se déclarent touchés par ce film, c’est la plus grande des récompenses.

Propos recueillis par Jacques BATILLIOT

Yang Ik-june, un remarquable acteur dans un très beau film sombre et dramatique.

Yang Ik-June, réalisateur-scénariste-producteur-interprète

-Culture Coréenne : Qu’est-ce qui vous a amené au cinéma, d’abord en tant qu’acteur, puis comme réalisateur ? Quel a été votre parcours ?

- Yang Ik-june : Je n’ai pas choisi le métier d’acteur parce que j’avais une admiration particulière pour ça. Quand j’étais adolescent, j’étais entouré d’amis qui s’intéressaient beaucoup au showbiz. J’avais des copains qui avaient fait leurs débuts en tant que chanteurs alors que nous étions encore au collège ! Je les enviais, bien sûr, et je leur disais naïvement : « Vous avez publié un album, moi je serai acteur ; on se reverra à la télévision. » C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser au métier d’acteur. Mais rétrospectivement, je me rends compte que c’était surtout parce que j’avais besoin d’exprimer certaines choses, de « dénouer les nœuds ». J’ai commencé à envisager sérieusement une carrière une fois à l’université où j’ai reçu une formation de comédien. J’ai ensuite tourné dans une trentaine de courts métrages et dans une dizaine de films à caractère commercial. Mais les rôles qu’on me confiait ne me permettaient pas vraiment de me dé- fouler. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas réaliser moi-même un film ?

-C. C. : Il y a beaucoup d’acteurs talentueux en Corée. Comment expliquez-vous cela ? Est-ce un don chez les Coréens ? La Corée est-elle un pays d’acteurs ?

- Y. I.-j. : Il faut dire que les films coréens que vous avez l’occasion de voir en Occident sont probablement les meilleurs. Song Kang-ho et Choi Min-sik, par exemple, qui sont très connus même à l’étranger, sont des acteurs qui ont quelque chose de plus que les autres, quelque chose d’assez fort. Ils ont un style de jeu plutôt extériorisé, qui reflète une caractéristique qu’on trouve assez fréquemment chez les Coréens : ils cachent leurs sentiments, mais ils explosent assez facilement ! Ils sont capables d’une montée d’énergie instantanée. Exprimée dans le jeu, cette particularité donne quelque chose d’assez fougueux.

C. C. : Le fait de vous mettre en scène vous-même dans Breathless, dont le titre original coréen est Ttongpari, sans réalisateur pour vous diriger, vous a-t-il posé un problème ?

Y. I.-j. : Pas particulièrement, car j’ai une longue expérience d’acteur et par ailleurs, je l’avais déjà fait pour un court métrage. En revanche, il faut beaucoup bouger, pour être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du champ. Des gens qui assistent au tournage peuvent se dire : « Mais il ne se pose jamais, celui-là ! » Certes, ça peut être un inconvénient, mais personnellement, je vois plutôt ça comme un avantage. En Corée, le réalisateur est considéré comme le grand patron, qu’il faut révérer ; mais le fait que je jouais avec eux mettait les autres interprètes plus à l’aise. Ils me traitaient en copain. Ils me parlaient sur un ton familier, me donnaient des tapes dans le dos, ce qui détendait considérablement l’atmosphère. Il m’arrivait d’oublier mon rôle à force de m’occuper des autres acteurs, de veiller à ce qu’ils soient émotionnellement prêts. Je me mettais dans le champ et je criais à quelqu’un : « Tu dis : « Action ! » », mais je l’arrêtais aussitôt : « Attends ! Je n’ai pas appris mes répliques. Passe-moi le script ! » J’essayais alors de les mémoriser en une ou deux minutes – ce n’est pas parce que je les avais écrites que je les connaissais forcément par cœur... Ceci dit, je ne faisais pas répéter non plus les autres comédiens. Je tenais surtout à ce qu’ils soient psychologique- ment dans le rôle. Je pense que cela a contribué au réalisme du film. En tout cas, pour moi, le fait de ne pas avoir pré- paré mon jeu à l’avance m’a permis d’ex- primer quelque chose d’assez brut, de plus authentique sans doute.

-C. C. : Vous avez produit vous-même votre film ?

- Y. I.-j. : Oui, et ça n’a pas été le plus facile ! J’ai commencé par emprunter des petites sommes à mes proches. Par la suite, j’ai trouvé un producteur qui était prêt à me financer, mais cela m’aurait exposé à trop de contraintes -il voulait en particulier que je change les acteurs et pour moi, il n’en était pas question - et j’ai préféré garder ma liberté. Résultat : pendant toute la durée de la réalisation, j’ai commencé mes journées en passant des coups de fil pour trouver un peu d’argent et pouvoir continuer. Il m’est même arrivé de devoir interrompre le tournage, rappelant l’équipe dès que j’avais trouvé quelques ressources. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir enfin pu payer récemment tous ceux qui avaient collaboré à ce film, grâce aux recettes !

C. C. : Breathless raconte l’histoire d’un homme plein de rancœur à l’égard de son père et qui, recouvreur de dettes dans une bande de voyous, s’exprime surtout à travers la violence. Mais le sujet central de ce film me paraît être la famille et les perturbations que la société moderne y introduit. Etes-vous d’accord avec ce point de vue ?

Y. I.-j. : Absolument. Avant sa sortie en Corée, le distributeur coréen voulait faire la promotion du film en le présentant comme l’histoire, le destin d’un homme. Je lui ai alors dit que, même si le personnage que j’incarne, Sang-hoon, y apparaît au premier plan, je voulais que Breathless soit annoncé comme un film sur la famille. Il ne m’a pas écouté, bien sûr ! J’ai fait ce film en pensant beaucoup à la mienne, surtout à mon père et à l’influence qu’il avait exercée sur ma vie.

C. C. : S’agit-il alors d’une catharsis personnelle ? Ou avez-vous voulu délivrer un message au public coréen en dénonçant une certaine désagrégation de la cellule familiale ?

Y. I.-j. : J’ai initialement conçu Breathless comme une libération personnelle, mais le public y a en effet vu ce genre de message. Beaucoup se sont identifiés au personnage, déclarant que cette oeuvre leur avait permis de réfléchir sur leur propre vie. J’ai eu beaucoup de témoignages en ce sens sur ma page personnelle d’Internet et certains me remerciaient. J’ai tout à coup réalisé que je n’avais pas été le seul à connaître ces désordres familiaux. On m’a dit que le film portait un message social, mais ce n’était pas vraiment mon but. C’est seulement après, quand on m’a dit ce genre de choses, que j’ai commencé de mon côté à y réfléchir. On parle peu de la violence conjugale, un sujet qui constitue partout dans le monde une sorte de tabou. Je pense que même si les détails diffèrent, le problème est le même dans tous les pays et que c’est pour cela que mon film parle aussi aux spectateurs étrangers. Il faut amener ce fléau au grand jour pour faire évoluer la situation.

Le lm « Breathless » était présenté en avant première, lors de la soirée d’ouverture à l’Action Christine du 4e Festival Franco-Coréen du Film (du 4 au 17 novembre 2009), dont Yang Ik-june fut l’un des invités d’honneur.

C. C. : Comment les critiques ont-ils réagi à votre film ?

Y. I.-j. : Très positivement. Quand il a été montré au public pour la première fois, au festival de Pusan 2008, il a suscité un réel enthousiasme. Le public a su déchiffrer les sentiments que j’avais voulu faire partager et qui sont sous-jacents dans des scènes ultra violentes, comme celles où l’on voit un père ou des femmes brutalisés.

C. C. : Votre film a reçu un nombre impressionnant de récompenses. Pouvez- vous nous en citer quelques-unes ?

Y. I.-j. : Tiger Award du Meilleur film au Festival de Rotterdam ; Grand Prix et Prix de la Critique internationale au Festival du film asiatique de Deauville... En Corée, Prix de la mise en scène attribué par l’Association des critiques cinématographiques à Pusan ; Prix du jeune réalisateur décerné par le journal Pusan ilbo ; Prix du bureau coréen de la Fédération des critiques cinématographiques... En tout, vingt-cinq prix à l’étranger et quatre en Corée.

C. C . : De ces deux métiers, acteur et réalisateur, lequel vous a apporté le plus de satisfactions ? Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Y. I.-j. : Je suis acteur depuis longtemps, mais on ne m’avait jamais proposé le rôle que j’avais toujours rêvé de jouer. C’était frustrant, mais cette frustration m’a finalement été bénéfique quand je suis passé derrière la caméra, car je me suis investi à fond. Cette expérience a eu un côté douloureux, car le film parlait de moi ; mais par ailleurs, elle m’a servi d’exutoire. Je suis heureux d’avoir vécu cette double expérience. Quant à l’avenir... Je pense continuer à vivre de la manière qui me semble la plus fidèle à ce que je suis. En tout cas, je voudrais avant tout rester un cinéphile, continuer à faire des films selon mon cœur, tout en essayant d’apporter quelque chose aux autres.

Propos recueillis par Jacques BATILLIOT



Cet article est extrait du numéro 79 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.

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