Les séries coréennes, de la Corée vers la France !

Par Jessica COHEN
Responsable éditoriale K-Content des chaînes TV GONG/GONGMAX et de la plateforme SVOD Dramapassion

Les séries coréennes, de la Corée vers la France !

C’est via le divertissement, et plus particulièrement ses séries télé, dites aussi K-Dramas, que la Corée du Sud nous dévoile son identité culturelle. Cette composante essentielle de la « vague coréenne » Hallyu a d’abord touché la Chine dans les années 1990, avant de s’étendre sur tout le continent asiatique et le reste du globe. Une méthode douce pour ce petit pays qui a réussi en quelques années à exporter sa culture par le divertissement.

Le terme « Drama » n’est pas forcement lié ici à un contenu dramatique. Si les toutes premières séries, réalisées il y a presque trente ans, étaient effectivement des mélodrames, notamment « Autumn in my Heart » ou « Winter Sonata », le mot « Drama » est devenu au fil du temps un terme générique, s’exportant ainsi sous son appellation « K-Drama » (Korean-Drama) et englobant tous les genres : comédie, action, thriller, médical, historique, fantastique… mais gardant toujours un lien privilégié avec le drame.

« My Love from The Star » (SBS, 2013).

Mais comment ces séries venues du pays du matin calme sont-elles arrivées jusqu’à nous ?

Bien que déjà très populaires dans leur pays, ainsi qu’en Chine, c’est au Japon que les séries coréennes vont véritablement exploser avec en 2003 la série « Winter Sonata » devenant un véritable sujet d’école emblématique du phénomène Hallyu. Et c’est un peu plus tard, avec le célèbre « Dae Jang Geum », que le phénomène s’étend dans le monde entier. La série s’exporte alors dans plus de 80 pays.

On note ainsi des audiences record pour « Dae Jang Geum », avec une moyenne de 45,8% de téléspectateurs coréens lors de sa diffusion et des pics d’audience pouvant aller jusqu’à 57,1% ! Et il faut souligner qu’en 2016, la série à succès « Descendant of the Sun » (qui a eu droit à un reportage sur France 2 dans l’émission Télématin), atteindra en audience nationale une moyenne de 30,1% avec un pic à 46,6%.

Mais un succès national ne signifie pas toujours que la série aura les mêmes audiences à l’étranger et inversement. C’est ainsi que certaines séries ayant connu en Corée de faibles audiences réussiront tout de même à capter le public international, dans une large mesure grâce à une forte base de fans.

En Corée, la diffusion télévisuelle des séries est extrêmement concurrentielle. Chaque chaîne nationale (KBS, MBC, SBS) proposant en soirée ses propres productions, il suffit qu’une série forte, démarrée quelques semaines plus tôt, ait déjà capté le public pour qu’une nouvelle, lancée sur une chaine concurrente, passe quasi inaperçue.

Ce sont en moyenne 130 séries qui sont produites par an à « Hallyuwood », surnom donné aux studios coréens. Et « la croissance des ventes de séries est meilleure que celle des films », selon Han Hee, directeur général du département séries TV de la société de production MBC (source AFP).

Pour qu’une série connaisse un succès hors de ses frontières, il faut donc arriver à capter le cœur des internautes et c’est ainsi que l’on découvre en action le pouvoir de la viralité d’internet et des communautés de fans à travers le monde.

Tout comme lors de l’arrivée des mangas et plus particulièrement des animés japonais en France, dont l’offre était au début très limitée, les consommateurs se sont tournés vers internet, les sites de streaming illégaux et le Fansubbing. On appelle Fansubbing (ou Fansub) la réalisation de sous-titres par la communauté de fans à travers le monde dans une langue donnée (Fan + Subtitle), de manière bénévole. Cette méthode, déjà bien rodée avec l’arrivée des animés japonais en France, sera aussi d’une grande utilité pour les premiers fans de séries TV japonaises et coréennes.

Dans un contexte où l’offre légale était quasi inexistante – mis à part sur les chaînes KBS World (payante) et Arirang TV (gratuite), mais avec des sous-titres anglais –, les internautes fans de séries coréennes ont dû trouver un moyen de satisfaire leur appétit grandissant, malheureusement pas toujours de façon légale…

Song Joong-ki et Song Hye-kyo dans « Descendants of the Sun » (KBS, 2016).

Internet et les réseaux sociaux, véritable passerelle pour les séries à la rencontre des communautés de fans à travers le monde.

Le Japon et la Corée du Sud partagent de nombreuses similitudes, notamment au niveau de la PopCulture. Il n’est donc pas étrange de voir des fans d’animés s’intéresser, d’abord par curiosité, aux séries coréennes. Beaucoup ayant découvert leur première série en cherchant des adaptations de mangas bien connus. Ainsi « Boys Over Flowers », tiré du manga « Hana Yori Dango », connaitra une adaptation en série coréenne après le succès de sa série live japonaise, ou encore « To The Beautiful You », adaptée du manga « Hanazakari ni Kimitachi-e » ; toutes deux des comédies romantiques dites « School » car se déroulant dans l’enceinte d’une école et très populaires encore maintenant.
Ces séries « School » ont ainsi permis de faire découvrir de nombreux acteurs et actrices aujourd’hui très populaires comme Lee Min-ho, Lee Jong-suk, Kim Woo-bin, Jang Hyuk, Ha Ji -won, Jo In-sung ou Kim So-hyun.

Mais n’oublions pas une autre facette importante de la Hallyu, la K-pop qui a également une place importante dans les séries coréennes, que ce soit par ses chanteurs souvent acteurs, par ses bandes originales (Original Soundtracks ou OST), ou tout simplement un scénario centré sur la musique, permettant ainsi de toucher, avec un casting K-pop, un public beaucoup plus jeune. Le meilleur exemple est la série « Dream High » (2011), avec Suzy (Miss A), IU, Ham Eun-Jung (T-ara), TaecYeon et WooYoung (2PM), sorte de « Fame » à la coréenne ; l’engouement fut tel que des fans dans le monde entier ont repris la célèbre Flash Mob de la série. Et l’agence de voyage CapCorée a organisé sur le lieu même du tournage en Corée, cette même Flash Mob avec des groupes français, tournée et diffusée par la suite sur la chaîne GONG.

La jeune équipe de « Dream High » (KBS, 2011).

Ces Feel Good Stories aux valeurs universelles, entre modernité et tradition.

Si, dans les dramas coréens, nous devions faire un Top 3 des genres les plus populaires, le résultat serait sans nul doute : mélodrames romantiques, comédies romantiques et séries historiques souvent romancées. Vous l’avez compris, la Romance est au cœur de ces succès, et l’alchimie du couple star peut faire basculer à tout moment l’audience, principalement féminine. Et il semble que, pour les spécialistes sud-coréens de l’industrie du divertissement, la nature très expressive des acteurs, surnommés les « Italiens de l’Asie », ne serait pas étrangère à ce succès.

Contrairement au cinéma coréen auquel on reproche souvent sa noirceur et sa violence, la passion amoureuse est l’ingrédient N°1 des séries coréennes où, selon le scénariste Chun Changil, « c’est la femme qui tient la télécommande » (source AFP).

Ces romances d’amour pur et à fort potentiel émotionnel, ces Feel-Good Stories, ainsi que le respect de la tradition, de la famille et des valeurs universelles sont les moteurs du succès de ces séries aux thèmes consensuels auxquels chacun peut s’identifier. On y retrouve un mélange de nostalgie des valeurs anciennes, des idées nouvelles et émergentes, et une forte influence multiculturelle, reprenant ainsi les codes occidentaux mais en excluant l’hyper violence et la sexualité.

« Les romances sont notre point fort », indique Park Joon-suh, producteur chez Drama House, lors du Festival de la fiction TV de La Rochelle. Selon lui, l’industrie devrait varier les genres, produire plus de séries policières, de thrillers, de science-fiction même – car il est vrai qu’on voit très rarement des séries de science-fiction comme « Hero » (OCN - 2012) et l’excellent « Circle - Two Worlds connected » (tvN - 2017) diffusées sur les chaines câblées –, un genre trop rare dans le paysage des séries coréennes.

Pourtant, tous les genres sont disponibles dans les K-Dramas : comédie, romance, drame, policier, thriller, historique, fantastique, horreur, musical, médical, judiciaire, et un genre bien coréen, le makjang, ou le drame est poussé à l’extrême. La palette est large et va des scénarios originaux à l’adaptation de mangas (« City Hunter », « Boys Over Flowers ») ou de webtoons à succès (« Cheese in the Trap », « Hyde, Jekyll and Me », « Sensory Couple »), en passant par des remakes de séries américaines (« The Good Wife », « Entourage », « Suits ») ; les K-dramas traitent vraiment de tous les sujets et touchent tous les genres.

Si vous posez la question à un Dramavore (adepte des séries coréennes), il vous dira que les points forts du drama sont ses histoires, ses romances, son casting, son format, souvent sur une seule et unique saison, sa musique, mais aussi l’aperçu qu’il donne de la culture coréenne, de ses codes, valeurs et coutumes. On peut y ajouter les paysages, les lieux de tournage devenant de véritables lieux touristiques, voire de pèlerinage, pour les fans du monde entier. Sans oublier également la gastronomie, omniprésente dans la culture coréenne et aussi dans les séries. On dit d’ailleurs qu’« une série coréenne c’est comme un bon plat, une fois qu’on y a goûté, on en redemande. »

Pendant longtemps disponibles seulement sur des sites pirates, les séries coréennes sont maintenant visibles sur un grand nombre de sites en ligne légaux tels Dramapassion, Viki, Amazon, et Netflix, mais également sur myTF1 et les chaînes de TV, GONG et GONG MAX. (Groupe GONG MEDIA).

C’est ainsi que fut lancée en 2010 la première plateforme francophone de vidéo à la demande par abonnement (Subscription video on demand ou SVOD) des séries coréennes : Dramapassion. Elle va offrir un accès légal à ces séries en France et en Belgique. C’est de cette manière que le public français voit arriver les séries « IRIS » et « Boys Over Flower » d’abord diffusées sur la plateforme Dramapassion puis sur les chaînes thématiques sur l’Asie GONG et KAZE TV disponibles sur le câble.

Le public friand d’animation japonaise étant plus réceptif aux contenus venus de Corée, GONG MEDIA (leader de la diffusion des séries coréennes en France à la télévision) s’est intéressé dès 2011 à ces programmes en choisissant de diffuser deux séries de qualité : « City Hunter » (adaptation libre du manga « Nicky Larson ») et « Secret Garden ». Le succès fut tel que le groupe propose aujourd’hui sur ses deux chaînes GONG et GONG MAX plus d’une dizaine de séries dans sa grille : « Chicago Typewritter », « My Shy Boss », « Romantic Doctor, Teacher Kim », « Let’s Fight Ghost », « Distorded », « Jealousy Incarnate », « Signal », « The Guardians » … et des nouveautés chaque mois.

Parmi les nombreux succès qui ont séduit le public français, on peut citer « City Hunter », « Boys Over Flowers », « Secret Garden », « IRIS » avec ses 17 millions de dollars de budget, « My Love from The Star » ou encore, réalisé plus récemment, « Descendant of the Sun » qui a connu une couverture médiatique mondiale importante – pour une série non hollywoodienne. Sans oublier bien sûr la série phénomène « Goblin - The Lonely and Great God ».

« Goblin – The Lonely and Great God » (tvN, 2016) a connu un énorme succès dans toute l’Asie du Sud-Est et reste aujourd’hui en Corée la 3e audience du câble.

Pourtant, malgré cette popularité grandissante, aucune chaîne nationale française n’a encore franchi le pas en diffusant une série coréenne sur son antenne. Pourquoi ? Frileux à l’égard du genre ? Trop de romances dans les dramas ? Quid du doublage ? Il faudra attendre début 2016 pour que le groupe TF1 se lance enfin dans la diffusion de K-dramas via sa plateforme numérique MyTF1-Xtra et en partenariat avec GONG MEDIA, très probablement sous l’impulsion de l’Année France-Corée 2015-2016. On voit alors arriver quatre séries iconiques : « Healer », « My Love from the Star », « Dream High », et « Kill Me Heal Me ». Un choix stratégique et à fort potentiel viral, qui précèdera l’arrivée de six autres séries : « It’s Okay, This is Love », « I Hear your Voice », « Master’s Sun », « Sensory Couple », « Boys Overs Flowers » (série culte indémodable), et « To the Beautiful You ». 

Mais toujours aucun signe de K-drama sur les chaînes TV du groupe alors que ce type de programme pourrait tout à fait plaire à l’audience de ses chaînes comme TFX. On notera quand même un ersatz de série coréenne avec la diffusion, en 2018, du remake américain de la série coréenne du même nom « Good Doctor ». Sa version américaine connaissant un succès aux USA, avec la commande d’une seconde saison, TF1 en fera la série événement de sa rentrée 2018/2019. Mais, si les chaînes nationales françaises semblent en retard sur le phénomène, celui-ci continue de faire son chemin via les réseaux sociaux et la communauté de fans en France.

L’offre DVD est quant à elle quasi inexistante, avec uniquement 5 coffrets édités en VOSTF (version originale sous-titrée en Français) à ce jour par Dramapassion. Les amateurs de supports physiques devront se rabattre sur des imports sous-titrés dans un anglais parfois approximatif.

Le Binge-Watching, « sport » préféré des dramavores

L’association Bonjour Corée, aujourd’hui 1re association sur la culture coréenne en France, organise depuis 2013, en partenariat avec le Centre Culturel Coréen, les Drama Parties. A la base, le Binge-Watching (pratique consistant à visionner une grande majorité voire l’ensemble des épisodes d’une série sans interruption) étant l’un des sports favoris des Dramavores, la Drama Party a été conçue comme un marathon. Concrètement, l’association propose une journée 100% « Korean Drama » avec diffusion dans une salle de cinéma partenaire des 2 premiers épisodes de 3 célèbres séries coréennes. Avec, entre chaque projection de deux épisodes, des activités concernant la Corée et sa culture. D’abord organisé uniquement à Paris, l’événement s’est ensuite décliné dans les villes de Rennes, Nantes et Nancy, avec les associations K-54, Kuwabara, Korea Breizh et Kore@Nantes, tout cela réalisé en partenariat avec la plateforme Dramapassion.

Fêtant en 2018 sa 6e édition, la Drama Party a proposé en cette occasion un Spécial Webtoon, avec diffusion des séries « Cheese in the Trap », « W-Two Worlds » et « Flower Boy Next Door », toutes trois adaptées de ces BD numériques qui sont actuellement en plein essor.

Petite explication concernant les webtoons. Si vous ne connaissez pas encore ces BD 2.0 voir 3.0, sachez qu’elles font fureur en Corée, en Asie mais aussi de plus en plus en France où elles sont disponibles via la plateforme Delitoon. Il s’agit de bandes dessinées numériques proposant une expérience optimisée pour Smartphone et tablette avec une lecture dynamique reposant sur un défilement vertical du contenu. Il n’est pas rare qu’un webtoon à succès soit ensuite adapté en série TV.

« Secret Garden » (SBS, 2010).

Les séries coréennes à la conquête de Cannes et de son tapis rouge.

Si les films coréens ont trouvé leur place et été acclamés dans les festivals français les plus prestigieux comme le Festival de Cannes – avec récemment « Mademoiselle », ou « Dernier Train pour Busan » –, les séries coréennes restaient encore discrètes avec des diffusions plutôt rares et modestes, comme par exemple lors de l’événement « Série Mania » au Forum des Halles de Paris. Mais ça, c’était avant 2017 et la belle mise en avant des dramas lors du Festival de la Fiction TV de la Rochelle, avec en invité d’honneur la Corée du Sud.

En tant qu’invité d’honneur, la Corée a eu droit à une journée dédiée, comprenant notamment une conférence sur les séries coréennes avec scénaristes et producteurs coréens en intervenants, et la diffusion de trois séries venant à la rencontre du public français : « W-Two Worlds », « Signal » et « The Package » en exclusivité mondiale, cette dernière série se déroulant en France, dont en grande partie au Mont Saint-Michel.

Mais c’est en 2018, lors de la première édition de CANNESERIES (le festival de Cannes des séries), qu’un grand pas sera fait dans la reconnaissance des dramas coréens avec la présence, dans la sélection de la compétition officielle, de la série « Mother », adaptée du drama japonais du même nom. Avec au scénario Jung Seo-kyoung, connu aussi pour avoir œuvré dans le film « Mademoiselle ». La projection publique, en présence des deux actrices principales, a été suivie d’une véritable « Standing Ovation », témoignant du fait que l’émouvant sujet et l’interprétation ont su toucher le cœur des spectateurs présents à Cannes.

Les chaînes et groupes historiques que sont TF1, France TV, M6 et Canal + semblent pourtant encore hésiter sur le sujet, laissant ce public potentiel se tourner vers les plateformes comme Dramapassion, Amazon, et Netflix.

En Janvier 2019, lors d’une conférence de presse à la veille du lancement de la série « Kingdom », Kim Min-young, responsable des contenus originaux internationaux chez Netflix en Corée annonçait que « la plateforme souhaitait permettre aux séries coréennes d’être mieux connues à l’international, ces séries étant déjà très populaires en Asie avec une très forte base de communauté de fans ».

Jusqu’à présent, le genre le plus connu des séries coréennes étant la comédie romantique, Kim Min-young précise que « Netflix souhaite faire découvrir d’autres genres de programmes coréens tels le thriller, le mystère – avec par exemple la série originale « Stranger » – ou le genre « période action » avec « Kingdom », le succès de ce début d’année produit par Netflix, où un prince déchu de son titre doit lutter contre un gouvernement corrompu et une invasion de zombies tout cela à l’époque Joseon (une saison 2 est actuellement en préparation). La scénariste de cette série n’est autre que Kim Eun-hee à qui l’on doit déjà le succès de « Signal », découvert à la TV en France sur la chaîne GONG.

Production à l’américaine, avec un budget de 1,7 millions par épisode alors qu’une série coréenne « normale » coûte en moyenne 5 à 10 millions pour 16 épisodes (environ 400 000 € l’épisode), la série « Kingdom » a été rendue disponible en 12 langues dès sa sortie, touchant ainsi un très large public.
Et après le succès retentissant du film « Train to Busan », on ne peut qu’attendre le meilleur du genre « Zombie » vu à travers la lentille des productions coréennes.

Un succès et des critiques enthousiastes qui laissent entrevoir pour les néophytes une nouvelle porte d’entrée vers le monde des séries coréennes, d’autant plus que celles-ci tendent à se renouveler pour séduire un public de plus en plus large.

Et vous, vous commencez quand ?



Cet article est extrait du numéro 98 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.

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