Corée en bouche

Par Mina SOUNDIRAM
Journaliste

Corée en bouche

Pour sa deuxième édition, Street Food Temple, le festival officiel de la cuisine de rue, honorait la Corée du Sud, qui en fut l’invitée d’honneur dans le cadre de l’Année France-Corée lancée en septembre.

Le 18 septembre dernier était inaugurée l’Année France Corée 2015-2016. L’occasion, pour nos deux pays, de célébrer les 130 ans de l’établissement de leurs relations diplomatiques par tout un feu d’artifice de manifestations et festivités se déroulant d’abord en France (plus de 150 événements en tous genres, à Paris et en régions), puis en Corée.* C’est ainsi que le Carreau du Temple s’est mis, le temps d’un week-end, à l’heure coréenne en accueillant, les 25, 26 et 27 septembre 2015, la seconde édition de son festival, Street Food Temple.

* L’Année France Corée 2015-2016 se déroulera en France entre septembre 2015 et août 2016 et en Corée de janvier 2016 à fin 2016.

Après une première édition en 2014 couronnée de succès, parrainée par le chef étoilé Thierry Marx, le Carreau du Temple a réitéré l’événement pendant la Fête de la Gastronomie pour donner au Street Food Temple, le statut de festival officiel de la Fête de la Gastronomie, placé sous le haut patronage du Ministère de l’Economie et de la Mairie de Paris.

Sur le thème de la gastronomie et de la cuisine de rue, le festival fut inauguré le 25 septembre au soir, au Jules, le restaurant du Carreau du Temple en présence d’amis, journalistes et personnalités du monde de la gastronomie. Étaient également sur place, le président de l’année France-Corée, l’ambassadeur coréen, le maire du IIIe arrondissement, Martine Pinville, secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire et le chef coréen, invité de la manifestation, Pierre Sang Boyer. Ce chef de 36 ans, candidat de l’émission Top Chef, possède deux établissements dans lesquels il fusionne saveurs françaises et produits coréens. Chaque intervenant a pris le micro quelques minutes afin d’annoncer les réjouissances à venir. Les festivités ont commencé au son d’un concert d’Idiotape, jeune scène électronique coréenne tout droit débarquée de Séoul.

Plus tard, le public a pu découvrir la halle, aménagée en salle de restaurant géante. À l’intérieur, d’immenses tablées ont été dressées, aux côtés de quelques stands et triporteurs Pierre Sang Boyer, The Beast, les Niçois, une Américaine à Paris, la glace mobile... et même un jujeom, un bar coréen. À sa carte : soju & makgeoli — deux alcools de riz typiques — fruités façon sangria, cocktails et thés coréens. À l’extérieur, le Carreau était encerclé de toute part par des Food trucks. Et à chacun sa spécialité : bagels, burgers, thaïlandais, végétarien,...

Street Food Temple, le grand festival parisien de la cuisine de rue, qui accueillait la Corée en tant qu’invitée d’honneur 2015 (les 25, 26 et 27 septembre), a remporté cette année, avec plus de 50 000 visiteurs, un très beau succès.

Réunir ces deux thématiques, que sont la Corée et la cuisine de rue, sur seulement un week-end est d’autant plus représentatif que la gastronomie coréenne est riche et infiniment variée. À l’extérieur, une rue entière a été recréée avec plusieurs stands dédiés aux totems streetfood coréens. En tout, une dizaine de spécialités grillées et sautées. Plusieurs chefs et restaurants coréens ont été invités à présenter leurs plats signatures. Et l’inventivité était bel et bien le mot d’ordre. Pas de barbecue, ni de bibimbap, mais des brochettes de viandes, des pajeon — de petites crêpes à la farine de blé et aux légumes —, des raviolis grillés, des hotbar — brochettes de pâte de poisson —, sans oublier les gimbap, sorte de mini makis japonais... le tout préparé minute, en petites portions faciles à déguster. Le succès fut au rendez-vous, la cuisine coréenne a fait un carton à tel point qu’il était difficile de circuler entre les stands. Et pour s’immerger un peu plus dans la gastronomie, des ateliers cuisine ont été mis en place pour apprendre les recettes traditionnelles. C’est Sung- hee Baik, professeur de cuisine au Centre culturel coréen et chef de l’atelier cuisine à Paris, qui animait le cours de fabrication des gimbap, entourée d’une demi-douzaine de participants. Plus tard ont suivi des ateliers de fabrication de kimchi — ce chou chinois fermenté et pimenté — et de jangajji, des légumes mixtes salés et marinés.

STREETFOOD KIDS

Les enfants eux aussi ont eu droit à leurs animations : des ateliers de cuisine chromatique ont été mis en place. Pourquoi les aliments ne sont pas tous de la même couleur ? Pourquoi faut-il manger sain et varié ? Autant de questions auxquelles les plus jeunes ont pu répondre en découvrant la gastronomie pas à pas sous forme de jeux de rôles et en devenant des peintres culinaires qui incarnent des personnages. Dans une autre salle se tenait, un atelier « Pantins Tokebi » – des lutins traditionnels issus du folklore coréen. Une dizaine d’enfants ont ainsi appris à réaliser des personnages articulés en papier découpé, sous l’égide de Juhyun Choi, sud-coréenne et auteure de bandes dessinées. Les plus chanceux d’entre eux ont même pu fabriquer des têtes de Tokebi comestibles avec des produits traditionnels et bios.


« La rue de la Corée », avec sa dizaine de stands, a attiré de nombreux amateurs de gastronomie (en haut). Le concert électro du groupe coréen Idiotape a remporté un joli succès à l’ouverture du festival (en bas).

DISCUSSIONS GASTRONOMIQUES

Et pendant que les Food trucks faisaient vrombir leur moteur, le week-end a été rythmé par des “Bords de table” initiés par le magazine en ligne participatif Alimentation générale en présence de personnalités emblématiques de la Street Food. Conversations, récits d’expérience, rencontres avec des designers culinaires, de nombreux intervenants du monde de la gastronomie se sont succédé pour partager leurs expériences au micro.

Dimanche après-midi, derniers moments avant la clôture, l’événement battait toujours son plein au son de la Djette coréenne DJ Tin. Cette activiste des nuits parisiennes organise depuis 2007 des soirées où elle mixe et invite d’autres jeunes talents à se produire à ses côtés. Elle est aujourd’hui résidente de la Candelaria, du Pasdeloup, de Miss Ko et du Baron à Paris. Vint le moment tant attendu de la remise des trophées, décernés par l’équipe du Carreau du Temple accompagnée de Pierre Sang Boyer, le chef franco coréen invité et Mina Soundiram, la marraine de l’événement. Tour à tour, ils ont remis des trophées — sous forme de petits camions — aux vainqueurs. Durant tout le festival, le public a ainsi pu voter sur des bornes interactives a n d’élire leurs Food trucks préférés parmi plusieurs catégories. Ainsi, le prix de “L’aventurier” a été décerné à Epices and love, un camion hippie qui réalise des Dosa, une galette indienne à base de farine de riz et de lentilles farcie d’un mélange de pommes de terre, d’oignons et d’épices, celui du Coup de cœur Street- food est allé à The Beast pour ses excellentes viandes BBQ et c’est Sabroso qui a reçu le prix “ Beau comme un camion ”. Dernière récompense, et pas des moindres, le trophée « Très, Très Bon », né d’un partenariat avec l’émission éponyme di usée le dimanche à 11h 30 sur Paris Première a été décerné au camion Tooq Tooq pour ses excellents Pad thaï, le plat traditionnel thaïlandais, des nouilles sautées au wok accompagnées de diverses graines germées.

La seconde édition de ce festival de la cuisine de rue a réuni cette année plus de 50 000 personnes. Preuve que la cuisine de rue coréenne à la cote en France.



Cet article est extrait du numéro 91 de la revue "Culture Coréenne", publication du Centre Culturel Coréen. Pour découvrir ce numéro dans son intégralité, cliquez ici.

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