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Musique et danse


La musique et la danse trouvent leur origine dans les cultes religieux et cette tradition s’est perpétuée à travers les Trois Royaumes.

Plus de 30 instruments de musiques différents furent utilisés durant cette période, et l’on doit noter parmi eux plus particulièrement le hyeonhakgeum (cythare de la grue noire) créé par Wang San-ak de Goguryeo, lequel transforma la cythare à sept cordes de la dynastie chinoise Jin. Il faut également signaler le gayageum (cythare de Gaya), qui fut utilisé dans le royaume de Gaya (42-562) et fut ensuite transmis à Silla (57 av. J. - C. 935) par Ureuk. Cet instrument, qui comporte 12 cordes, est encore joué dans la Corée moderne.

Goryeo (918-1392) poursuivit la tradition musicale de Silla dans les premières années, mais créa par la suite un plus grand nombre de genres diversifiés. Il y avait alors trois types musicaux principaux à Goryeo : dangak, la musique directement influencée par la dynastie chinoise des Tang, Hyangak, la musique villageoise, et A-ak, la musique de cour. Certaines formes musicales de cette époque furent conservées sous la dynastie Joseon (1392-1910) et sont de nos jours encore jouées dans le cadre de cérémonies, particulièrement dans les grandes célébrations du culte aux ancêtres.

Comme ce fut le cas pour la musique, Goryeo intégra à ses débuts les traditions chorégraphiques des Trois Royaumes, mais les compléta plus tard par un certain nombre d’autres variétés de danses, en introduisant par exemple des danses religieuses et des danses de cour empruntées à la Chine des Song.

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L’Ensemble national de musique classique interprétant l’air Sujecheon (l’air de l’Eternité à la longévité céleste)

Durant la dynastie Joseon, la musique fut considérée comme un élément important lors des rituels et des cérémonies. Au tout début de la dynastie, deux bureaux d’Etat chargés de la musique furent créés et des efforts furent entrepris afin d’adapter les anciens textes musicaux.

L’un des résultats de cette initiative fut la réalisation, en 1493, du Canon de la musique, appelé akhakgwebeom. Cet ouvrage classe les musiques de cour en trois catégories : musique de cérémonie, musique chinoise et chant coréen. Pendant le règne du roi Sejong, les partitions disponibles pour chaque instrument furent tout particulièrement développées. En plus de la musique de cour, la tradition des musiques séculaires comme le Dangak ou le Hyangak fut perpétuée.

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La danse masquée Talchum est une sorte de drame folklorique interprétée par des gens ordinaires.

La danse folklorique, comprenant la danse des paysans, la danse chamaniste et la danse des moines bouddhistes, devint très populaire à la fin de la période Joseon, tout comme la danse masquée de type sandaenori et la danse des marionnettes. La danse masquée, qui combine chorégraphie, chants et parties narratives, comporte des éléments issus du chamanisme. Pour cette raison elle était très populaire auprès du peuple. Les spectacles étaient souvent accompagnés de passages qui ridiculisaient les nobles et qui étaient très appréciés des gens du commun.

Le confucianisme et le bouddhisme influencèrent également les danses traditionnelles. Si le confucianisme fut souvent répressif, le bouddhisme fit preuve d’une attitude plus tolérante, comme on peut le remarquer dans les danses de cour et dans de nombreuses danses chamanistes destinées à apaiser les esprits des morts.

Un grand nombre de danses traditionnelles disparurent pendant la période de la colonisation japonaise. D’autres furent oubliées au moment de l’industrialisation et de l’urbanisation rapides du pays, dans les années 1960 et 1970. Ce n’est qu’en 1980 que l’on se consacra à nouveau à faire revivre les danses oubliées depuis si longtemps. Des 56 danses de cour originelles, seules quelques-unes subsistent encore de nos jours.

Parmi elles, il y a cheoyongmu (une danse masquée) de Silla, hakmu (la danse de la grue) de Goryeo et chunaengjeon (la danse du « rossignol chantant au printemps ») de Joseon. Elles ont été désignées par le gouvernement comme appartenant au « Bien culturel immatériel » pour leur perpétuation, alors que certains de leurs interprètes ont été élevés au rang de « Trésor culturel vivant », la plus haute récompense attribuée aux maîtres des arts anciens et de l’artisanat traditionnel.

Le développement de la danse moderne en Corée fut largement initié par des pionniers comme Jo Tak-won et Choi Seung-hi. La Compagnie de ballet de Séoul fut fondée en 1946 et devint la première troupe nationale.

La musique occidentale fit son entrée dans le pays sous forme d’un hymne chrétien introduit en 1893. Elle commença à être enseignée à l’école à partir de 1904. Le changga, un type de chant nouveau semblable aux mélodies occidentales, fleurit à travers le pays.

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Chef d’orchestre et pianiste Chung Myung-(Photo publiée avec l’aimable autorisation du Centre des Arts de Séoul)

Alors que la Corée devait faire face à des changements radicaux dont l’ouverture forcée à l’Occident et l’imposition du pouvoir colonial japonais, les changga permettaient d’affirmer la permanence de l’amour pour la nation, ravivaient l’esprit d’indépendance et marquaient aussi l’avènement d’une nouvelle éducation tout autant que d’une nouvelle culture. En 1919, Hong Nan-pa écrivit Bongseonhwa (balsamine), composition représentative de ce genre.

Après la libération nationale, en 1945, naquit l’Orchestre Société d’orchestre symphonique de Corée, premier orchestre coréen de style occidental. Il y a aujourd’hui un grand nombre d’orchestres dans l’ensemble du pays.

De nos jours, un nombre de plus en plus important de musiciens coréens jouent en Corée et à l’étranger et sont acclamés à la fois dans les concerts et dans les compétitions internationales. Parmi les plus célèbres, on peut signaler le Trio Chung : Chung Myung-whun, pianiste et chef d’orchestre, Chung Myung-wha, violoncelliste, et Chung Kyung-wha, violoniste.

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La cantatrice Jo Su-mi

Parmi les cantatrices, Jo Su-mi, Shin Young-ok et Hong Hye-gyong se sont toutes imposées sur la scène musicale internationale. Elles ont interprété des rôles importants au New York Metropolitan Opera ainsi que sur d’autres scènes connues, en plus de leurs enregistrements pour des compagnies de disques réputées.

En août 1997, La dernière impératrice, drame musical évoquant les dernières années de la monarchie coréenne et de l’impératrice Myeongseong, fut interprété à New York où il fut acclamé par la presse américaine. Cette histoire épique a permis d’offrir aux Américains et plus particulièrement aux Coréano-Américains, l’opportunité précieuse de découvrir l’histoire et la culture coréennes.

Afin de préserver et de développer la musique traditionnelle coréenne et les arts du spectacle, le Centre national coréen des Arts traditionnels de la Scène a été fondé en 1951. Le gouvernement a ouvert en 1993 l’Université nationale coréenne des Arts qui offre un enseignement de qualité internationale et permet de former des artistes professionnels. Cette université regroupe six départements : musique, drame, danse, arts visuels, film et multimédia, et arts traditionnels coréens. Des centres artistiques publics et privés, tels que le Centre des arts de Séoul et celui de LG, ont offert au public coréen l’opportunité de contempler des réalisations variées de tous les coins du monde. Depuis 2004, les membres du Réseau coréen des festivals des arts du spectacle échangent des informations sur le sujet, mènent des recherches, font venir conjointement des troupes étrangères ou coproduisent des représentations. Etabli en 2005, le Marché artistique des spectacles de Séoul (PAMS) joue un rôle de marche-pied effectif pour les compagnies désireuses de percer sur les scènes nationale et internationale.

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La dernière impératrice
Comédie musicale relatant la fin tragique de la monarchie coréenne et de l’impératrice Myeongseong.


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