« La matière mémoire » de KWAK Soo Young

Exposition de peintures et gravures de KWAK Soo Young
Invité d’honneur 2006 du Centre Culturel Coréen

Dans le cadre de sa politique visant à encourager et mieux faire connaître les artistes coréens qui vivent et travaillent en France, le Centre Culturel Coréen présente chaque année depuis 2005, au public français, un plasticien d’expérience, déjà bien avancé dans sa carrière. C’est ainsi que KWAK Soo Young est notre invité d’honneur 2006. Il nous présente une exposition de peintures et gravures intitulée « La matière mémoire ».

Né en 1954, étudiant des Beaux-Arts en Corée du Sud et en arts plastiques à l’université de Paris VIII, KWAK Soo Young est un artiste coréen qui travaille depuis une vingtaine d’années à Paris. Son oeuvre fait coexister des concepts différents : le figuratif et l’abstraction, la ligne et la couleur, le temps et l’espace, la douceur et la violence, le monochrome et l’expressionnisme, le mouvant et l’immobile …

Au début de sa carrière, il est influencé par l’expressionnisme abstrait : il utilise une palette de couleurs vives et ses lignes sont librement dessinées sur la toile. Il pratique aussi l’estampe pendant une longue période. Son expression artistique d’aujourd’hui est encore marquée par cette expérience du tracé de ligne, qui a développé chez lui une certaine gestualité, une grande attention portée aux gestes créateurs du peintre. Cette passion du geste se retrouve dans son style actuel inspiré par l’art informel. Chez lui, la ligne s’est adoucie en devenant plus subtile par rapport à l’action painting de sa première période.

Son travail pose la question de la distance entre la toile et le spectateur, problématique très sensible depuis l’impressionnisme : si nous sommes proches de la toile, nous n’apercevons plus que des taches mais une forme se distingue si nous respectons un certain éloignement, une distance respectueuse. De cette manière, KWAK Soo Young joue sur la limite entre le figuratif et l’abstraction.

Ses oeuvres évoquent aussi Cézanne par l’introduction de la temporalité dans la forme peinte sur la toile. La forme de l’objet surgit entre plusieurs formes virtuelles à partir d’un travail qui consiste à dessiner puis à effacer ses contours dans un processus répétitif. KWAK repeint plusieurs fois le fond monochrome avec des couleurs différentes qu’il fait apparaître comme autant de strates en grattant dans la matière même de la peinture. En fonction de l’intensité variable du grattage, la figure se dessine dans la profondeur des diverses couches.

Si, comme Wolfs et Fautrier, KWAK travaille dans l’épaisseur de la peinture, c’est surtout par élimination, effacement, creusement, et non simplement par ajout et addition de couches supplémentaires. La répétition, dans un premier mouvement d’accumulation de strates, puis dans un second geste de retranchement, évoque le retour d’un temps retrouvé extrait de la substance de la peinture, véritable exhumation non seulement d’une forme visible mais d’une réalité tangible, tactile,inscrite dans la matière – une « matière mémoire » qui doit être fouillée pour qu’elle révèle ce qu’elle enfouissait.

29 novembre – 29 décembre 2006
au Centre Culturel Coréen
2 av. d’Iéna 75116 Paris – Tél : 01 47 20 83 86
du lundi au vendredi de 9h30 à 18h (jeudi jusqu’à 20h) et le samedi de 13h à 17h

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